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Souvenir de la Marche verte : Il y a 46 ans, le Maroc libérait pacifiquement le Sahara occidental


Il y a 46 ans jour pour jour, le 6 novembre 1975, le Roi du Maroc d'alors, Hassan II prononçait un discours historique qui appellait le peuple marocain à entreprendre une longue marche pacifique vers le Sud pour libérer le Sahara sous occupation espagnole. C’est la Marche Verte, un événement sans précédent dans l’histoire du 20e siècle et du continent africain, qui va rassembler 350 000 volontaires et mettra fin au joug espagnol sans recours à la violence.

Environ 45 ans auparavant, sur le continent asiatique, Gandhi entame la Marche du sel en Inde pour arracher l’indépendance de son pays aux britanniques. A l’occasion de l’anniversaire de la Marche Verte, retour sur deux moments historiques, lorsque des actions pacifiques font basculer le destin d’une Nation. 

Cette action spectaculaire revêt quelques similitudes avec la “Marche du Sel” entamée par le Mahatma Gandhi, le 12 Mars 1930, et réelle concrétisation de sa doctrine de la non-violence.

En effet, le 15 février 1930, Gandhi annonce à ses compagnons du Congrès, le parti indépendantiste indien, qu’il a choisi comme objectif de la campagne de désobéissance civile l’abrogation de la loi qui les contraint à payer un impôt sur le sel. C’était alors un délit de fabriquer du sel, d’en posséder, de le vendre, de l’acheter et même d’emporter du sel naturel déposé sur une plage. Le 12 mars 1930 au matin, Gandhi, âgé de 61 ans, quitte la ville d’Ahmedabad à la tête de 79 compagnons. Ils se proposent d’atteindre à pied le village de Dandi situé au bord de l’Océan Indien, à 380 kilomètres de distance. La presse internationale couvre l’événement. Après 25 jours de marche et de meetings, Gandhi ramasse sur la plage un peu de sel oublié par les vagues.

Il faudra cependant encore de longues années de lutte pour que l’indépendance de l’Inde soit définitivement acquise le 15 août 1947, mais cette Marche du Sel aura été un événement marquant du processus de l'accession à l'indépendance. D'autant plus marquant qu'elle avait été pacifique, sans heurts. 


Pour ce qui est du Maroc, le Royaume chérifien avait entamé dès 1956, l’année officielle de l’indépendance, le processus pour pouvoir disposer de son intégrité territoriale.  La décolonisation du territoire du Sahara Occidental est intervenue dans un contexte complètement différent des autres phases de décolonisation du Royaume du Maroc.

D’une part, l’Espagne de Franco ne voulait absolument pas rétrocéder la province du Sahara Occidental surtout après la découverte de gisements de phosphate dans la région en 1972. De son côté, le régime algérien, aidé en cela par le bloc de l’Est, avait des prétentions inavouées sur le territoire, motivées par la guerre froide qui opposait les Etats-Unis d’Amérique à l’Union Soviétique. L’idée pour le régime algérien et ses alliés était, et l’est encore de nos jours, de mettre en place une république sous son contrôle absolu, à l‘image de l’ancien modèle de gouvernance Syrie/Liban.

Face à ce défi, Hassan II élabore une idée exceptionnelle, qui fait écho à la Marche du Sel. Ainsi, le 6 novembre 1975, il prononce un discours historique qui appelle le peuple marocain à entreprendre une longue marche pacifique vers le Sud pour libérer le Sahara occidental de l’occupation espagnole. Cet appel déclenche une immense ferveur populaire.

A l’occasion de ce discours, il clôture son propos en demandant aux marocains d’être courtois à la rencontre des espagnols, de les saluer et de les inviter à partager leur repas. Il ajoute que les marocains ne ressentent aucune rancœur et que s’ils avaient voulu faire la guerre à l’Espagne, ce ne sont pas des civils désarmés qui se présenteraient mais plutôt une force militaire. Il conclut que les intentions ne sont nullement belliqueuses et qu’ils répugnent à toute effusion de sang. 

Ce sont alors 350 000 marocains dont 35 000 femmes qui se dirigent dans la joie et la prière vers les provinces du Sud pour récupérer le Sahara marocain. Des dizaines de personnalités étrangères et de délégations venues de différents pays participent à la marche, de même que le Roi Hassan II a tenu à la participation des femmes, comme symbole de  pacification de la Marche Verte. Le chiffre même des volontaires n’est pas laissé au hasard : c’est le chiffre des individus qui naissent au Maroc chaque année. C’était un véritable Maroc en raccourci, où étaient représentées toutes les provinces et toutes les conditions sociales.

A la différence de la Marche du Sel en Inde, la Marche Verte est un véritable défi logistique et humain pour le Maroc de l’époque : il faudra mobiliser 7800 camions et moyens de transport, 17 000 tonnes de nourriture, 63 000 tonnes d'eau, 5500 tonnes de carburant, 500 médecins et assistants de santé, 220 ambulances et plus de 10 000 personnes pour l’organisation et l’encadrement des 350 000 marcheurs.  

La Marche Verte a démarré de la région de Tarfaya bravant les militaires espagnols et les barbelés aux frontières. Devant la détermination des marcheurs, l’Espagne n’avait d’autre choix que de se désengager de la région. Ce fût concrétisé à la suite d’un courrier officiel envoyé par son représentant permanent à l’ONU le 26 février 1976. Suite à cela, une cérémonie de passation de pouvoir avait été organisée entre le Maroc et l’Espagne.

La Marche Verte et la Marche du Sel, unique en leur genre, constituent des épopées nationales caractérisées par un patriotisme farouche qui ont marqué les destins nationales du Maroc et de l’Inde.

 Peter Dube




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