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Affaire EPST-IGF : que cache l'agitation de Tony Mwaba?


La toile congolaise a été alimentée ces derniers jours par une actualité scandaleuse due à une altercation - le mot ne convient peut-être pas - entre le ministre de l'EPST Tony Mwaba et 3 inspecteurs des finances venues contrôler le comptable affecté dans ce cabinet ministériel. Puis vient une attaque directe de Tony Mwaba envers l'inspecteur général des Finances chef de service, Jules Alingete, à travers un long tweet accusateur. L'on se demande qui du ministre et de 3 inspecteurs est dans le vrai et pourquoi le ministre s'agite-t-il ?

Dans une vidéo devenue virale, l'on voit le ministre Tony Mwaba faire des remontrances à 3 inspecteurs des finances notamment pour pour n'avoir pas brandi leur ordre de mission, pour avoir ravi une somme de 1000$ ainsi que le chéquier au comptable de son cabinet et pour ne s'être pas présentes dans son bureau avant de commencer leur travail. Très monté, le ministre de l'EPST a rappelé à ses interlocuteurs que l'IGF n'était pas au-dessus de la loi et qu'ils allaient aussi être amenés au parquet. L'on voit dans cette vidéo que les inspecteurs ont été filmés de force, contre leur gré, et que le ministre n'a pas voulu leur accorder la moindre parole pour confronter leur version à celle qui lui a été rapportée par ses services. "Ici, il n'y a pas de voleurs. [...] Sauf si vous avez une autre intention. Et je suis informé", a-t-il lâché.

Ne pouvant pas aller dans un affrontement verbal avec un ministre, les 3 inspecteurs se sont tus jusqu'à la fin de la vidéo. L'IGF n'a pas non plus voulu commenter cette affaire sur les réseaux sociaux. Cependant, certaines sources ont fourni des renseignements complémentaires à la presse bien que dans l'anonymat. Certaines langues des experts notamment des juristes se sont également déliées pour démontrer que le ministre n'avait pas raison d'agir ainsi et que sa vidéo ressemblerait à une tentative de manipulation de l'opinion. 

Premièrement, explique un juriste sous le sceau de l'anonymat, les inspecteurs des finances ne sont pas obligés de voir le ministre pour auditer le comptable car celui-ci dépend du ministère des Finances. "C'est peut-être une question d'élégance mais pas une obligation légale", souligne-t-il. Un autre expert en finances renchérit en témoignant que "selon la loi, un inspecteur des finances peut se saisir des documents, argent ou autre objets pouvant servir de preuves en cas de suspicion pendant un contrôle". Et c'est dans ce cadre que les 3 inspecteurs auraient agi. Et contrairement à ce qui a été dit, ces inspecteurs étaient minis de leur ordre de mission dûment signé.

Il se murmure que les 3 inspecteurs se seraient rendus compte de l'inexistence des rapports du comptable depuis juin 2023. Après avoir fuyé ses effets, puisqu'ils en ont le droit, ils ont confisqué un ou des chéquier (s) en état d'alimenter de grandes suspicions parce qu'ils y auraient trouvé des traces des directeurs de l'administration de l'Epst et d'autres hauts responsables. Ces objets ont donc été saisis pour servir de preuve et non par cupidité ou souci de vol comme on a voulu le faire passer dans l'opinion. 

Nos câbles renseignent que les 3 inspecteurs ont même été menacés, sommés de remettre tous les objets saisis. Leurs véhicules ont été empêchés de quitter l'enceinte du ministère alors qu'ils avaient déjà fini leur travail, jusqu'à ce que le ministre vienne les filmer. 

Dans tout ça, c'est l'agitation du ministre de l'Epst qui taraude les esprits de plus d'un Congolais. Lui-même qui rappelait aux inspecteurs que l'Igf n'est pas au-dessus de la loi s'est pourtant transformé en juge pour faire un procès en flagrance des agents de l'état venus faire leur travail. Pire, en les filmant contre leur gré comme s'il en avait le droit. L'on ne croirait pas se retrouver devant un professeur de droit. 

Même si l'IGF chercherait à lui nuire, il n'a rien à craindre s'il ne se reproche de rien. Et ce n'est pas une telle manipulation de l'opinion qui changerait les donnes. Déjà, s'il n'avait pas filmé, cette affaire n'aurait pas été connue du grand public. Du coup l'on se demande : entre l'IGF et le ministre Tony Mwaba, qui veut nuire à l'image de l'autre? Son conseiller en communication s'est empressé à donner sa version sur Top Congo, le ministre lui-même a fait un long tweet accusant Jules Alingete sans preuve, lui promettant même un procès. L'on se demande si les deux hommes ont une guerre lointaine avant de se retrouver dans les institutions. L'image du pays et du gouvernement en souffre. Les animateurs des institutions devraient avoir une attitude digne relativement à leurs responsabilités. 

Pour l'heure, tous les yeux sont braqués vers le parquet de grande instance de Gombe ou les inspecteurs ont été amenés pour être entendus. L'opinion voudrait savoir qui a fait quoi et aussi chacun être sanctionné à la hauteur de son forfait. 

Moder Phanzu 





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